France ,Açores,Madère,Canaries,Martinique

Dernière mise à jour 16/07/06

On est en juillet 1978 ,sur l'île de Noirmoutier ,à la limite sud de la Bretagne ,France .On a peur d'arriver à un million de chômeurs ,tant qu'à l'être autant que ce soit au soleil ,voir même à celui de TAHITI .J'ai 24 ans , j'ai essayé les « sciences économiques » trop loin de la réalité ,en tout cas en première année ,j'ai fais de la préparation militaire un samedi sur deux pendant quelques mois pour pouvoir choisir où je perdrai mon temps pendant un an (service militaire obligatoire à l'époque),et j'ai pu aller ainsi à Tahiti

histoire de vérifier la situation par rapport à la publicité .Ce n'est pas le paradis .Mais je préfère quand même aller y cultiver mon jardin ,pas besoin de chauffage ,pas d'impôts.Mais la vie y est très chère ,il faut être très riche ,ou avoir un terrain ,ou avoir un bateau .Avoir un bateau permet ,en plus de l'aventure pour y aller ,de changer d'endroit pour trouver le bon .Pour acheter ce bateau je retourne en métropole ,Tahiti est territoire français ,je fais deux ans de fac de géographie ,pour voyager cela devrait aider (en faisant un maximum d'intérim pour payer le bateau).Je dirai maintenant que pour les petits boulots en cours de croisière pour la caisse du bord il y a surement mieux ,mais cela m'a bien servi quand même .L'instruction a cela de bien c'est qu'elle ne tient pas de place dans le sac des voyageurs et qu'elle peut passer en douane sans problème !

Une anecdote la dessus ,je travaillais en intérim dans un entrepôt à la satisfaction de mes employeurs qui voulurent m'engager ,je refusais pour cause de mon voyage ,on papote alors et j'apprends que j'aurai eu trop de diplôme pour qu'ils me prennent à ce poste !

Je resterai 22 ans maraîcher aux îles Marquises ,à 1200 km au nord-est .

Expérience de la voile avec Les Glénan ,l'école de voile ,trois stages ,le dernier de « croisière cotière »et la lecture de tout ce que j'ai pu trouver sur le sujet ,avec le meilleur conseil« arrondir les caps et saluer les grains » C'est l'époque de Tabarly ,un livre dédicacé ,de Alain Colas ,un livre dédicacé (quand on a un peu navigué on n'a pas de mal à croire à sa mort en mer ),de Moitessier entre aperçu chez des amis à Tahiti« La longue route »dont l'appendice fut une de mes bibles ,avec le livre des glénans et « la navigation astronomique à la portée de tous » de Olivier Stern Verin (de mémoire pour l'orthographe du nom de l'auteur )

Bateau : un voilier en plastique de 6 mètres,le Flirt ,des chantiers Jeanneau ,admis jusqu'en 4ème catégorie ,j'avais tout l'équipement de sécurité sauf le canot gonflable ,trop cher,un bateau de plage faisait l'annexe , deux drisses de foc ,tourmentin ,foc 1,génois ,grand voile avec un deuxième ris, et un balcon avant , une belle coque orange ,par contre j'ai décousu les lèvres sur la grand voile ,mon coté timide ,réservé et ou sensible au « correct »d'une autre époque.Un bateau neuf ,mais je serais parti avec un bateau d'occasion si mes parents ne m'avaient pas offert de payer la différence ,sans jamais croire que je partirais aussi loin ,pour eux c'était la pêche pendant les vacances !.

Dès le vendredi soir 14/07/78 je vais observer la sortie du port de l'Herbaudière ,ile de Noirmoutier ,Vendée ,cote atlantique française ,europe (pour les lecteurs étrangers si jamais il y en a !). Le vent contraire juste dans l'axe de sortie, les feux un peu noyés dans la brume. Le jour n'était pas tombé que j'y allai déjà, pour une première observation.C'est que je ne connaissais pas le coin si bien que cela ,mon truc ce n'était pas la croisière cotière avec tous ses dangers et ses impératifs humains et le mal de mer ,mais la traversée vers Tahiti et la disparition du mal de mer au bout de trois jours ,les seuls problèmes du bateau et de la navigation astronomique .

Un copain (avec qui je travaillais à la capitainerie du port (ils me doivent toujours mes heures supplèmentaires lorsque j'y travaillais comme homme à tout faire en été .....)) me vit de son bateau et m'invita à boire un coup à son bord. On discute de mon prochain voyage. Il m'offre une bouteille d'alcool à brûler pour nettoyer le sextant,le modèle le moins cher en plastique de chez Plastimo ,il m'enménera jusqu'aux Açores ,aprés quoi j'utiliserai le modèle au dessus (toujours en plastique)offert par mon frère .Beaucoup donnaient de l'importance au sextant métallique d'un prix considérable mais pratiquement, vu comme ça bouge sur un voilier ,la précision est sensiblement la même et ce n'est de toutes façons pas très bon d'être trop sûr de sa position .Et maintenant avec le gps ça doit bien faire rigoler ,n'empêche on n'était pas à la merci de la bonne volonté satellitaire du grand frère . On regarde les photos de son voyage aux Antilles.

Je devais partir à 2h du matin mais le vent contraire me fit attendre le jour et à 10h l'adjoint du capitaine du port me remorqua à l'extérieur.Ne pas rater son départ ça n'est pas plus mal ,je compte sur ma chance mais je ne veux pas dépenser ce capital trop légèrement .A part le copain et ma famille personne n'est au courant de ma prochaine étape ,et encore ,y croient-ils ? ,moi-même je vais d'abord essayer avant d'être sûr !

Brume, petit vent d'Est. Cap au 257, je réglais le pilote automatique (un panneau en contre-plaqué avec contre-poids et cordages qui agit sur la barre du bateau pour garder un certain angle avec le vent) ..Le plan de ce pilote automatique sans électricité m'est venu entre les mains grâce à mon dentiste qui avait des revues des glénans dans sa salle d'attente et qui a bien voulu me donner le précieux numéro .Ce bricolage a tenu ,à un détail près que j'ai pu réparer à temps (la descente du mât de support dans son dispositif de fixation ). Temps variable et mal de mer. Position incertaine. Un matin au large de la Bretagne. Les feux à piles durent deux nuits,autant dire que je ne les mettrais qu'en cas de besoin . Dès le deuxième jour je vois un petit requin sur la mer toute calme . Quatre jours plus tard, je peux faire le cap à midi. Je suis au Nord de l'Espagne. Le mal de mer est passé,car pendant trois jours j'étais plus allongé sur la couchette avec du lait concentré et des fruits secs que à la barre .Je me demandais d'ailleurs si je ne ferais pas mieux de rentrer pour essayer l'année suivante . Un bateau (de pêche ,je crois me souvenir)me réveille en pleine nuit avec sa corne de brume . Mes feux sont rapidement allumés. J'ai la conscience tranquille car je me dis que mon bateau n'en coulera pas un autre et que normalement la vague d'étrave des gros me rejettera . Le lendemain soir je traverse le rail du Finistère,pas une petite affaire avec ses immenses cargos qui se suivent à 500 mètres allant tous dans le même sens,mais en visant l'avant du cargo on arrive à passer derrière . Du vent mais difficile de régler le pilote,je ne maîtrise pas encore ses réglages en dehors des allures de prés , et le vent force. Le vendredi 21 à midi je vois une troupe de dauphins, photos de loin malheureusement, comme la veille de la côte espagnole. D'ailleurs de voir Le ciel est couvert, pourrais-je faire le point aujourd'hui ?A deux jours près j'ai toujours pu faire le point à midi ,ce que l'on appelle la méridienne .

Un quart d'heure avant que le soleil ne passe au maximum de sa hauteur dans le ciel je commence à prendre sa hauteur sur l'horizon avec l'heure précise à la seconde près ,toutes les 3-4 minutes ,arrive un moment où il ne bouge plus ,c'est la hauteur maximum du jour qui me donnera ma latitude (plus on est loin vers le nord plus le soleil est bas sur l'horizon),puis le soleil redescend et je guette l'heure précise où une des hauteurs observées quand il montait sera la même ,en faisant la moyenne des deux heures j'ai l'heure exacte du midi local par rapport au midi de référence ,qui est l'heure TU .Comme je vais vers l'Ouest c'est un peu plus tard ,toujours un peu plus tard que le soleil culmine ,et ce retard me donne ma longitude .

Déjà quelques incidents à bord : une manille de l'écoute de grand voile qui lâche en pleine nuit, vite remplacée ,la seule qui n'était pas assurée (qui n'avait pas un bout de fil de fer pour l'empécher de se dévisser avec les vibrations) ,bien sûr !. L'eau qui passe sous pression sous le capot coulissant. Je dois resserrer le capot avant qui gouttait ,un joint en mousse synthétique aidera beaucoup . La vieille lampe tempête qui me lâche sur la route des cargos, que je coupe perpendiculairement.

Une semaine de solitude, ça va, pas de problème .Ce sont finalement les trois premiers jours qui furent les plus durs psychologiquement ,le mal de mer ,le froid ,l'humidité et l'isolement je suppose .Mais je suis en route vers le soleil et sa chaleur ,toute l'année .Hier soir calme plat pendant 3 heures au large du cap Finistère. Ce n'est pas avec ce vent là que je serai dans dix jours aux Acores ! Je n'ai pas encore commencé à pêcher mais ça viendra peut-être. Je viens de terminer de relire le livre d'Antoine. Et la radio me fait rigoler, tout seul à bord ,les informations de politique intérieure prennent une dimension différente au milieu de l'océan . Hier soir coucher de soleil pas mal : sombre un peu partout sauf au Sud Ouest où je me dirige.

J'ai traversé il y a trois jours un coup de vent force 7, j'ai mis le minimum de toile, je me suis mis à la cape 2h puis j'ai repris ma route. Cela fonçait si j'en crois mon point de tout à l'heure. Cela a duré une quinzaine d'heures, cela secouait, mais le bateau a tenu. Le vent est tombé d'un coup, il est revenu un peu plus tard et j'ai pu tirer vers le sud, et passer une bonne nuit.

D'après mon point j'aurais parcouru en 48h plus de 400 miles ! Je vérifierai demain.

J'ai revu les dauphins et même des petits thons. Ma ligne était sortie, sans succès. Il faut dire que le matin c'était presque le calme plat, avec des mouettes. Et le poisson ne s'intérrèsse au leurre qu'à partir d'une certaine vitesse .

Je suis plus tranquille pour mon point : une erreur de report sur la carte.

Deuxième coup de vent 24h ou plus. Il me permet de progresser mais ce n'est pas le confort enfin je commence à m'organiser.

Me voici au large de l'Espagne après un troisième coup de vent. J'ai décidé de tirer un bord vers le sud afin d'éviter d'autre mauvais temps. Les dépressions semblant attirées par le golfe de Gascogne . Effectivement il fait meilleur. Mais je viens de passer pratiquement 24h sans vent. J'en ai profité pour barrer un peu. Il faut bien avouer qu'en mer je ne barre pas ,et ceux qui ont un pilote automatique ne doivent pas barrer souvent non plus ,la nuit le pilote fonctionne pareil que le jour ,il suit le vent ,si le vent tourne le bateau suit ,la ruse c'est de vérifier sur le compas (la boussole sur cardan ,le cardan étant un dispositif qui permet à un objet de rester horizontal lorsque son support penche )toutes les deux heures même la nuit , si le cap est bon ,on a parfois des surprises .On prend vite l'automatisme qui ne gène pas trop le sommeil ,surtout quand on est jeune peut-être .Un coup de lampe de poche suffit et un compas est en tête de couchette .

Maintenant le vent est revenu, mais pas assez pour le pilote. Mais j'ai prévu un système manuel fonctionnant suffisamment pour me permettre de me reposer un peu.J'avais pour principe de me reposer un maximum car on ne sait jamais quand il faudra agir ,et quand il faut se réveiller plusieurs fois par nuit froide et ventée il vaut mieux avoir un peu de réserve .Maintenant que j'y pense les parents de jeunes enfants ont surement une idée de la chose ,et c'est sûr que ceux qui bossent dur dans la journée doivent avoir du mal à supporter le réveil du petit .Quand je fus père de famille me lever la nuit ne me gêna pas .

J'ai vu une petite tortue de mer, il y a aussi des « moineaux de mer » avec un trait blanc sur le dos, des jeunes goélands aussi, ainsi que des mouettes. Cela fait 14 jours que je suis parti. D'après ma position d'hier il me resterait huit jours pour atteindre les Açores.

Cette nuit j'ai rêvé de Mururoa (où je fis mon service militaire) ! Les provisions tiennent toujours, l'eau aussi. Les carottes sont terminées. J'espère avoir assez d 'oeufs jusqu'à l'arrivée. Je me fais une omelette de 2 oeufs tous les soirs dans la petite casserole ! J'ai une envie de crêpes depuis quelque temps

Je pêche peu, mais hier soir pendant le calme j'ai vu une dizaine de poissons volants poursuivis.

Je vais tenter à nouveau ma chance.

A la radio depuis quelques jours je ne capte plus que France Inter. J'ai trouvé une station qui donne de la musique classique toute la journée ! Mais la réception n'est pas très forte. Il y a aussi une radio portugaise mais bof! ...

Le beau temps est revenu avec un peu de vent. J'ai rencontré 2 bateaux de la course Lorient les Açores ! Le premier s'est « arrêté ». Je lui ai crié mon adresse, peut-être a t il prévenu mes parents (oui ils l'ont fait, merci à eux). Ils étaient sympa. Le deuxième est passé à 500 mètres sans détour. Prévenu par radio je pense . Aujourd'hui, le calme est revenu. Dans 4 jours les Açores, peut-être. La pêche a donné quelque chose mais le nœud n'a pas tenu, oh honte ! Aux Açores je devrais retrouver les coureurs ,dans la gaieté, enfin j'espère ! Je viens de bricoler l'éclairage du compas extérieur. Ca marche sur 6 volts ,au lieu de 12 ! En attendant je voudrais bien un peu de vent. Dire que sur France Inter il y aura force 8 demain matin sur le Finistère !

Après ces 2-3 jours de calme je viens de toucher un peu de vent, je peux même mettre le pilote automatique à 2h TU du matin(Temps Universel ,pour se repérer sur la mer en longitude ,c'est à dire plus ou moins Est ou Ouest on garde l'heure exacte d'un endroit connu et on fait la différence d 'avec l'heure locale obtenue avec le passage du soleil à la verticale de l'endroit du moment ). Le vent tombe un peu de 3 à 2 Beaufort. Hier derrière le bateau à les toucher j'ai vu des maquereaux : 3 mais ils sont malins.

Mon point d'hier et d'avant hier étaient presque semblables.

Les Açores maintenant approchent peut-être, si le vent se maintient, arriverais-je avant le 10 ? Si les voiliers de course se sont encalminés je les plains ! J'ai tracé une droite de hauteur à 9h30,ma première ! . J'ai fait une belle route cette nuit. Je commence à étudier les cartes détaillées.

Après un petit grain j'ai vu un cargo. J'ai le vent juste arrière mais cela n'est guère pratique car le pilote automatique ne fonctionne pas à cette allure là. Je viens de calculer qu'il me faudra 10 jours à la vitesse de ces jours-ci pour atteindre Horta sur l'île de Faial . Car le vent est toujours aussi faiblard. Mais un point intéressant : je viens d'entrer dans une carte des Açores ! En attendant je me repose, je barre ,pour le plaisir .

 


LES AÇORES (Madère) RETOUR

Un beau jour j'arrive vers 14h à apercevoir une île : Graciosa, mais le vent me lâche à la nuit. Le lendemain le vent se lève trop. Vers 12h le pataras casse(le cable qui empèche le mât de tomber en avant) ,pas besoin de cosse au niveau du palan d'étarquage (qui sert à tendre ce pataras)qu'il disait ,et bien si ,j'insiste,un cable métallique plié sans cosse cassera un jour ,et pas pour vous arranger (chance il est retenu par un fil d'antenne radio bidouillée ) , je répare et met à la cape puis je remets en route pour me mettre à l'abri des îles .Je passe ainsi au sud de Pico ,trés boisée avec plein de bruit de tronçonneuses et arrive à Horta par le Sud Est. Le vent finit par me lâcher et samedi 12 vers 1h du matin , après 25 jours de mer, j'atteins le port où l'on m'indique un mouillage sur une bouée en français ! L'entrée du port fut assez palpitante. Bruit du ressac, grands rochers noirs, vent faible qui tourne à 20m de l'entrée. J'ai fini à la godille puis tiré par le bateau de la capitainerie.

Le matin je suis réveillé par un copain de la fac ( Fac de géographie de Tours ), arrivé avec la course des Açores et un de ses copains.Je ne savais pas du tout qu'il ferait de la croisière ,mais je ne suis pas sûr d'avoir été un étudiant très liant . On boit un coup, on discute. Après quoi, je vais mouiller car je suis sur le corps mort d'un autre bateau. Pas de problème pour ce premier mouillage . Je déjeune solide et je me prépare à descendre à terre vêtements propres, bateau à gonfler, papiers du bord, argent. Je passe à la capitainerie, à la douane. Je repère au passage le café Sport, point de ralliement à Horta des navigateurs . Je vais à la Poste après avoir changé un peu d'argent à ce café car les banques sont fermées.

J'ai eu l'occasion lors de l'arrivée de précéder de 2h un autre yacht. On s'est suivi pendant la matinée, se prêtant de l'argent mutuellement, face aux problèmes de change. À midi, je m'offre le restaurant, de la viande. Après 25 jours ce n'est pas mauvais mais c'est le resto U coté qualité des légumes ! Je bavarde avec des voisins qui m'offrent le repas ! Les glaces sont bonnes, parfum poire et prune...

Après-midi :je leur fais visiter le bateau .Nettoyage , puis je vais rendre visite aux autres bateaux groupés de la course ,là gâteaux et boissons diverses, et discussions. Certains admirent ma traversée, d'autres pensent à une certaine folie. Et j'apprends que plusieurs des bateaux de cette course ne pourront participer l'année prochaine, l'inscription maritime les trouvant trop petits ! À 22h le groupe de bateaux se disloque, les équipages ne sont pas très clairs !

Le lendemain régate. Lors d'un passage chez Peter un jeune qui y travaille (son fils je crois) me demande de faire la régate ,une régate locale avec les participants de la grande régate avec un cousin. OK. À 13h30 alors que je vais le chercher à quai, d'autres me tombent dessus pour la même raison. On sera cinq. J'en profite pour faire 20 litres d'eau. On ne sait pas où cela se passe, il n'y a pas de vent. Mais on se renseigne et c'est parti, non sans que le policier n'ait fait de difficultés à l'embarquement car pour l'embarquement de mes jeunes équipiers des autorisations étaient nécessaires !

2h plus tard dans le canal de Faïal pas de vent on n'a pas atteint la première bouée. On n'est pas les derniers car on godille, mais on est les plus petits. À 200 mètres de la bouée, un voilier nous propose gentiment la remorque et en route pour la deuxième bouée au moteur, un peu de vent puis re belote, et re-remorque par un autre bateau sympa. Cela arrangeait bien un équipier qui avait le mal de mer ! Le soir réunion des participants, distribution de coupes, après un buffet modeste. Mais ambiance encore assez bonne. On va arroser ça chez Peter. Au retour un peu d'animation et de musique française.

2h du matin : je fatigue et mets le cap sur le bateau.

Lundi, je vais poster le courrier, je fais des courses ; je rencontre « le bateau » qui me suivait . Invitation pour le soir. Passage à la banque et chez Peter où je fais l'acquisition de 2 dents gravées de cachalot pour ma soeur et ma filleule. Elles partiront avec le copain, qui rentre sur la France demain. Après-midi « catastrophe » : une pagaie me quitte pour l'eau du port. Recherches sans succès avec l'aide de l'annexe du Ferrossimo. J'en bricole une en 5min, manche à balai (en bois à l'époque) et bout de contre- plaqué et je vais regarder à nouveau mais non. Petite lessive. 2 jeunes portugais se proposent à aller chercher, j'accepte avec plaisir. Et les voilà repartis avec l'annexe. Recherches sans succès.

Les jours qui suivent je fais des courses, je répare des voiles et les renforce. Je fais connaissance d'un bateau américain voisin, « l'Espérance » NY, un couple sympa, venant de NY eu ayant eu des problèmes de pataras.

Ce matin j'ai pêché 3 poissons à l'épuisette ! Ils étaient du genre « baliste » ; ils étaient tellement curieux qu'ils suivaient le plomb jusqu'à la surface, l'hameçon était trop gros, alors, l'eau étant transparente, un coup de filet et hop ! En voilà deux ; un autre et le troisième est pris ! Pas mauvais d'ailleurs !

Philippe Harlé[MSOffice2] et sa famille sont arrivés sur leur bateau « Juliénas » ils m'ont invité à dîner ; des gens sympa qui retournent en France pour la rentrée des classes, après avoir fait un petit tour de l'Atlantique.

Je suis allé faire une sortie de plongée avec eux, M.Harlé m'a donné des cartes utiles pour le reste de mon voyage, ainsi que des conseils pour le bateau et de la visserie pour les travaux recommandés.Mon yacht a un grand cockpit et la mer est parfois assez méchante pour essayer de le remplir ,elle n'y a mis deux fois que l'équivalent d'un seau mais sait on jamais ,en tout cas en rehaussant l'entrée de la cabine c'était plus sûr ,plus acrobatique aussi .J'ai simplement coupé en deux le panneau d'accés et j'ai boulonné la partie du bas en place

J'ai reçu du courrier coup sur coup une lettre du 29 juillet le 22 août, une lettre du 14 août le 23 un télégramme du 18 le 23.

J'ai fait connaissance du bateau français « Aquilon » de Deauville je crois, avec des gars sympas à bord.

La pêche marche toujours très bien, j'offre du poisson j'ai essayé de téléphoner en PCV mais au bout d'une heure d'attente j'ai laissé tomber.

Le 24 au matin, après le rangement à bord, je vais à bord faire des vivres, je passe d'abord chez Peter : deux lettres pour moi, datant de moins de 10 jours ! Merveilleux, moi qui n'attendais rien avant la fin du mois !

Je viens d'accueillir à bord pour trois jours un des équipiers d'Aquilon qui devait rentrer par avion, j'en ai profité pour faire des crêpes. Je commence à faire la liste de provisions pour le départ, ainsi que des travaux divers dont le découpage de la porte en deux et la fixation du bas sur les conseils de M.Harlé.

Demain c'est le départ : rangement divers, préparation de la lampe à pétrole, courses, cet après-midi passage chez les autorités et chez Peter pour changement d'adresse. Hier soir je suis allé au restaurant avec deux campeurs français et un équipier du « Piscop » .

A terre j'ai eu l'occasion de goûter à la langouste locale , très bon !

 

Je suis passé chez Peter qui m'a offert gentiment un coupe papier en os de baleine. L'équipier du « Piscop » m'a offert les ressources de son bord, sympa. Lui aussi aimerait partir.

 

Vers 8h45 TU départ à la voile, seul et sans témoin, de Horta ,direction Madère.Plus tard on m'a fait remarqué que j'avais déjà fait la moitié du chemin vers les USA ,qui n'étaient pas mon but mais que j'aurais peut-être éssayé par curiosité .A la fac pendant l'année scolaire ,ou dois-je dire universitaire ,je ne manquais pas de lire les infos sur les panneaux d'affichage, soirées diapos,exposés ,concours ,et j'en faisais mon profit .C'est ainsi que je trouvais une offre de bourse d'études aux USA ,du coté de New-York ,je crois .Je me présente ,rien que pour trouver la salle ce ne fut pas simple ,j'entre pour m'apercevoir qu'une candidate est en pleine audition ,j'attend ,je comprend l'anglais du « tribunal »sauf celui de un ou deux membres que je soupçonne d'être des texans ou dans le genre,on papote sur mes motivations ,j'apprend plus tard que la bourse de cette année est attribuée mais que l'année prochaine elle serait pour moi .Peut-être ,mais je préfère la certitude de mon voilier . Vent force 2 max. à tirer des bords, pour me retrouver

encalminé l'après-midi au large de Pico ,(une grande île habitée des Açores dont depuis le volcan s'est activé mais rien de trop ). Le léger vent arrière de la nuit m'eut obligé à barrer constamment aussi j'affalai tout.

Le lendemain 31 force 0+ vent arrière, barre amarrée avec sandow, cela tient parfois assez longtemps.

Le 2/09 cela fait 4 jours que je suis parti de Horta et j'ai parcouru à 9h 80 milles, 20/jour, moins de 1 nœud de moyenne. Il faut avoir le moral. Je vais peut-être relâcher à Sao Miguel si ce temps là continue mais il me faudra bien encore 5 jours pour y arriver !

Le 3/09 passé l'après-midi et la nuit où j'ai peut-être parcouru 99 milles c'est de nouveau le calme avec ce matin 20 min. de force 2. Je comprends davantage la nonchalance des gens du coin ! Hier après-midi j'ai croisé un pétrolier (petit) en route sur Horta, probablement. Si peu de vent que je n'ai pu m'en approcher qui sait j'aurais peut-être pu faire parvenir un message en France remettant mon arrivée à Madère à la fin du mois !

L'après-midi du vent. Le soir je me retrouve au SW de Sao Miguel mais je met à la cape pour la nuit, le pilote ne pouvant tenir l'allure grand largue. Je fais bien car cela monte à 5-6.

Le lendemain matin cap au SE sur Santa Maria que j'aperçois à 18h , pas de trace du rocher isolé local. Au cours de cette journée je perds ma ligne de traîne, qui s'est usée sur le safran. Est ce que en ce matin du 5/09 je peux me considérer comme bien parti ? Erreur, à midi le vent tombe, ne revient que le lendemain matin à 5h, vent arrière. Je réussi un montage qui fonctionne pour ce vent 0+. Je viens de voir une dorade coryphène aussi j'ai mis à l'eau 50m de nylon avec une cuillère, quoique la vitesse... J'ai disposé à sécher sur le pont une banane coupée en trois tranches, pour respecter la recette de Moitessier (sans succés,le pont d'un 6 mètres est plus humide que celui d'un 12 mètres ,faut croire !mais bien plus tard ,aux Marquises la banane séchées sera une de mes productions ,très appréciée d'ailleurs ) . Le baromètre monte et descend mais le vent ne suit pas.

J'écoute Radio France International sur le vieux poste de mon père sur 19 ou 21m pas toujours très clair mais c'est en français ! J'ai remis du pétrole dans la lampe. Ce n'est pas que j'approche de la route des cargos mais sait-on jamais ? Les mots croisés progressent !

À une moyenne de 1,36 N je serais à Madère le 20...

Optimiste ! 10 milles parcourus entre le 6 et 7/09. Ce matin à 2h un peu de vent, j'en profite. À 6h je regarde dehors : un pétrolier gagne l'Est, à tribord. À 16h c'est un porte-container à bâbord vers l'Est aussi. Ils arriveront avant moi ! Je vais jusqu'à penser que ce pétrolier serait celui du 2/09.

Le 8/09 jour faste : j'ai vu un bateau, une tortue, un requin et surtout j'ai péché une dorade de 1,34m ! La 1ère fois elle d'est détachée au bord du bateau, mais avec le foie d'un baliste péché à l'épuisette elle s'est fait prendre à nouveau. Cela m'a occupé une bonne partie de l'après-midi sans vent. Il a fallu nettoyer le sang qui avait giclé partout, la vider, la dépecer, la couper en lanières, la mettre à sécher(pareil ce ne doit pas être la bonne latitude pour le séchage car j'ai du tout jeter ...). À 16h surprise agréable : un peu de vent, suffisamment pour le pilote automatique ; si cela pouvait durer !Alors que j'étais en plein nettoyage du cockpit je vois à trop peu de mètres derrière le bateau un requin que je trouve aussi long que lebateau avec plein de taches oranges sur fond noir ou l'inverse ,genre panthère ,pas rassuré je préfère rentrer dans la cabine ,qu'il ne soit pas tenter de me goûter .Le sang de la dorade l'avait attiré ,mais vu que rien ne venait en plus pour le nourrir il n'était plus là dix minutes après . Un autre cargo. Je refais le plein de pétrole partout ,c'est à dire la lampe à pétrole dans la cabine et celle à l'arrière du bateau .Le vent revient .

Et ce fut parti pour quatre jours. Le 3ème jour, le bas hauban bâbord casse,eh oui un cable inox tordu est un cable foutu un jour ou l'autre .J'avais voulu mettre le mât sur le pont avant de partir mais seul ça ne fut pas facile ..... Je le remplace, non sans mal, par une drisse, et je continue au près dans l'alizé portugais 4-5, non sans craintes, assez vaines d'ailleurs. Je prend par la côte sous le vent Madère mais le 1er jour ce fut le calme, le 2ème jour aussi. Le soir du deuxième une chasse à la baleine à l'horizon. Une barque avec des rameurs ,un petit remorqueur fumant qui les suit,le retour pot pot pot vers le port Le 3ème jour du vent fort et contraire mais j'arrive avec le vent mollissant à 3 M de Funchal que j'atteindrais le lendemain avec du vent fort mollissant à 13h.

 

MADERE (Açores) RETOUR

 

Samedi, tout est fermé. Je dois mouiller avant et arrière parce que les autres bateau le sont aussi , je me déplacerai avec l'aide d'un voisin français plus au fond du port. Mais ça remue et le bateau voisin me semble bien proche. J'accueille un bateau stoppeur. Je remarque que la coque est par endroits pleine d'anatifes. Je téléphone en France pour un bas hauban.

Je fais connaissance de quelques bateaux dans le port dont le Lucetia français qui va avec 1 équipier vers la Patagonie, et j'attends une lettre du constructeur et le hauban en faisant un détour par le marchand de glaces. Le copain est parti visiter l'île, j'en profite pour faire l'inventaire des provisions. Les Canaries sont bon marché paraît-il. Je me referais là-bas. Un solitaire anglais sympa est arrivé du Portugal, pas vite lui non plus. « grâce à moi », enfin je lui ai donné la revue locale où se trouvait l'annonce, il a trouvé une annexe pour remplacer celle qu'il avait perdu à Bayonne. Autrement je bricole à bord, quelques améliorations par ci par là, pour le rangement des couverts, par exemple, ainsi que le remplacement des bouts plastique des chandeliers par les bouchons, avec une touche de peinture argentée pour faire joli et étanche.

Je vais voir un autre solitaire à son arrivée dans le part, le Seonamara ; il ne pouvait plus utiliser son étai enrouleur de foc aussi je le hissai sans la mature où il put réparer. Il me fit cadeau de 12 m de hauban 4mm inox que je me fis bêtement prendre dans le canot pendant que tout deux allions en ville, lui pour téléphoner, moi pour aller au marché. Au retour à midi le temps s'était gâté, et devait empirer par la suite, juste dans l'axe de l'entrée du port, ou descendant de la montagne, des rafales jusque 8 peut-être.

Une bonne quantité de bateaux a chassé, dont notre voisin qui nous dûmes déborder (éloigner de notre bord). Le mien bougea d'un ou deux mètres, c'est tout. Le vent se calma dans la nuit pour reprendre moins fort le matin.

Je rencontrai aussi 2 jeunes françaises sur un super arlequin (9,10m) qui partent pour le tour du monde. Ainsi qu'un bateau allemand avec à son bord un solitaire avec un bateau stoppeur, comme moi.

Je vois aussi l'arrivée de quelques bateaux de la course « LAS PALMAS- FUNCHAL »avec en premier « VEGA » ,il n'y a guère en course que des voiliers espagnols ou portugais .

J ‘attend toujours mon hauban de France.

Invité sur un bateau suisse sympa je les convie le lendemain à manger des crèpes

Samedi matin :nous sommes 4 solitaires ,et si on refaisait des crèpes ? .l'un d'entre eux ,un anglais partait sur les Salvages ,des cailloux entre ici et les Canaries ,à cette heure là ,tant pis .Nous voilà trois allemands,deux français ,puis des voisins anglais ainsi que des suédois tout frais arrivés .Par la suite on y fut invité à diner et à boire alors que déjà la veille au soir j'avais fait la fête sur le bateau d'un solitaire allemand .Les filles du Ding-dingues nous ont invités à souper la veille de leur départ ,sympa elles aussi, peut-être se reverra t on ?Effectivement et à plusieurs étapes ,elles ont même fait plusieurs tours du monde et je les ai vu alors aussi .

Un beau jour je vis arriver (de Dakar) ,un bateau français en bois à gréement houari ,avec quatre équipiers ;je les aidais à trouver un mouillage .J'apprends qu'ils avaient fait une erreur de 250M en navigation astronomique ,ratant ainsi les iles Canaries ,heureusement secourus en eau et en position par un cargo .Le capitaine me donna une carte de Fort de France ,en Martinique ,qu'il avait en double .Des gars sympa mais bien peu de connaissances maritimes et des faiblesses dans le gréement .

Je me décide à partir de Madère lorsque j'apprend en téléphonant en France que ma mère est aux Canaries depuis ce jour ,alors que mon départ annoncé avait été remis pour attendre encore le hauban .

Donc le lendemain je passe à la Poste ,j'y trouve le hauban ,pas le bon modèle d'ailleurs,de ma faute surement ,pas évident de s'y retrouver entre la date de vente d'un bateau et la date de fabrication et le modèle de l'année ,je ne pensais pas que des modifications se faisaient d'une année sur l'autre ,et deux manivelles de winch en cadeau ,sympa Jeanneau !

Départ entre deux grains ,avec l'aide sympa du voisin anglais .Dehors on se fait rincer force 6-7 ,rafale à 8 dans la nuit .Pour la première fois mal de mer franc avec vomissements .Mercredi le vent baisse ,jeudi il disparaît ! bon moral !ce matin là un cargo passe au loin .Vendredi ,on a fait 20M ,avec le ciel nuageux pas facile de faire le point à midi .Mon passager sait peut-être tenir un cap mais surement pas virer de bord .....Encore 80 M ,on arrivera peut-être dimanche pour voir l'avion s'envoler

Samedi 14 , 6 heures du matin je vois se dresser devant l'étrave La Grande Salvage ,une petite ile ,bon vent mais dans le nez ,lundi on arrivera peut-être .Le lendemain matin étonnement heureux :Ténériffe sous le vent .Pendant la nuit le vent avait un peu tourné favorablement ,ça arrive et le point par une droite le confirme bien ,c'est Ténériffe .Le vent souffle bien .A un certain moment je pense passer l'ile « facilement » mais le vent tombe et de 18H à 5H le calme ,voiles affalées . Je réussis à passer le cap difficile à 18H ,lorsque le courant baisse et le vent monte ,et c'est alors du vent arrière ,ça fonce ,un peu trop même !On repère SantaCruz et l'entrée du port avec le soleil dans les yeux .Le vent tombe et c'est à la godille et avec le courant entrant que je gagne le mouillage de Real club Nautico .On éssaye de mouiller sur une bouée mais un employé vient nous indiquer un autre mouillage.Evidemment un peu plus tard le vent se lève ,maintenant que l'on est arrivé !

 

Les Canaries DEBUT

Je vais téléphoner à l'hotel de Ténériffe où est descendue ma mère pour apprendre qu'elle est repartie hier .

Pendant le trajet en annexe une fuite se déclare que je répare dés le retour à bord ,transporté cette fois ci par la barque de l'employé du port.Pas grand monde dans ce port ,du monde de la voile hauturière je veux dire .

Ce matin on descend à terre faire de l'eau et prendre une douche .Vers 11-12H ce sont des rafales à 8 beaufort dans le port .Je suis allé chercher mon courrier à la Poste ainsi qu'un colis au consulat ,laissé là par ma mère .Les formalités d'arrivée nous font visiter la ville (j'avais oublié de mettre le pavillon jaune à l'arrivée !,donc le bateau de la douane n'est pas venu nous voir ,or je voulais être en règle ) .Le retour sur le bateau ne se fait qu'à la deuxième tentative ,du fait du vent .Une limonade et un San-Antonio et deux heures après j'étais à bord .Je pense à gagner un autre coin du port lorsque les rafales cesseront .A 18H c'est le départ ,d'abord vers la ville ,pas de yachts ,puis vers l'autre bout du port suivant les indications des gars sur le quai et d'un officier ,mais rien .

Troisième et dernier coin le village de San-Andres, c'est bien là que se retrouvent les navigateurs hauturiers .Et je suis accueilli par les suédois rencontrés à Madère ,je me met à couple et je monte à leur bord boire un coup et manger un hot dog. Le lendemain matin rangement général intérieur et extérieur .Des ondées passent .Le 19 au matin le bateau de pêche coréen supportant 4 bateaux de plaisance à couple ,dont le mien ,se déplace vers une autre place à quai ,amusant et impressionnant .Un bateau français connu à Madère vient se mettre à couple mais les remous des passages des bateaux de pêches causent des craquements inquiétants de ma coque ,aussi je passe à l'extérieur .Les chinois (du bateau de pêche) dont un surtout ,m'invitent parfois à manger à leur bord .Simple et sympa .Un aprés-midi j'ai la chance du passage d'une jolie fille qui attendit son copain du bateau voisin en prenant un thé avec moiJe ne chôme pas à bord ,j'apprend au voisin la droite de hauteur [MSOffice3] ,je lui prête des documents .Je bricole à bord [MSOffice4] ,je vais faire des courses le mercredi veille de mon départ .Je vais me mettre à couple des bateaux français ,une escadre de voiliers destinés au charter aux Antilles ,après avoir fait connaissance d'un bateau suisse .Le déplacement à la godille trop difficile du fait du vent s'est terminé à la voile et à l'aussière .Des gars sympa .J'ai bu quelques pots ,j'ai fait mon plein d'eau .Ils m'ont donnés leur heure et fréquence de vacation radio ,( mais contrairement à ce que je pensais je ne peux pas les recevoir) .

DEPART POUR LA MARTINIQUE DEBUT

Et le jeudi à 12H je pars ,suivi de peu par un de ces bateaux [MSOffice5] .

Le pilote automatique fonctionne au vent arrière ,pour peu qu'il y ait du vent (Jusqu'ici faute de m'être penché sérieusement sur le problème je tirai parfois des grands bords) .Je fais pas loin de 4 N les premières 24H !

Le troisième jour j'ai établi les trinquettes jumelles(focs jumelés en réalité) ,mais l'orientation du vent ne permet pas de tenir la route (vent SSE)

Le 29/10 à 21H je sors de la cabine pour un réglage de voile lorsque je remarque deux feux verts sur mon arrière tribord .Deus feux vert ce n'est commun , je cherche dans mon livre leur signification sans rien trouver ,et pour cause ,ce sont deux bateaux ! .Ils sont proches aussi je les surveille du coin de l'œil ,et j'identifie deux voiliers ,je met mes feux de position ,et je les attend .Le premier m'appelle par mon prénom ,ce sont ceux de l'équipe Dufour (de Santa Cruz)qui m'ont rattrapé ! Ils me passent du lait en poudre après que l'on ait un peu papoté .On prend un autre rendez-vous radio ,moi en réception uniquement vu que je n'ai pas d'émetteur .Cela surprend quand même un peu d'être reconnu au milieu de l'océan ,et ça me rassure aussi : je devais être sur le bon cap.

1er novembre ,dans la nuit le vent est tombé ,il est vaguement revenu vers 8h .J'en profite pour faire la lessive ,avec le soleil cela devrait vite sécher ! Le Réglage du pilote[MSOffice6] n'est pas évident .Le vent retombe pour un peu revenir vers 2h du matin ,mais il dure un peu. Après le calcul de ma position à midi ,la méridienne[MSOffice7] pour les connaisseurs ,j'ai fait 50milles en deux jours ,de plus mon point d'hier était faux ,quand on touche à son miroir de sextant avant la fin des relevés .....

Le 4 après une suite de vents changeants ,un semblant d'alizé semble s'être établi, en tout cas on fonce .Ce matin mon bol de chocolat s'est renversé ,heureusement pas trop de dégâts .Je me coupe les cheveux .Je le ferais encore moi-même pendant plusieurs années

Le 5 ma position qui n'est pas certaine mais très probable ,un grain étant arrivé à midi , me place à 1M au nord du Tropique du Cancer .Je viens d'entendre à la radio le départ de la course « la route du rhum »,ils vont peut-être me rattraper !

Le 6 ,du fait du manque de vent ce midi je n'étais qu'à deux milles au sud du tropique .Ma position d'hier ne devait pas être fameuse car je n'aurai parcouru que 5 milles alors qu'avec le seul courant j'aurai du en parcourir 12 !Dans l'après-midi le vent se lève ,NE ,et à 18H il n'est pas loin de 6 beaufort avec des grains de pluie .Le bateau file sous grand voile seule ,à deux ris ,le génois étant resté sur le pont à l'avant car je ne pensais pas que les grains allaient durer .Il semble bien que ce soit l'alizé .Comme il bouge entre le Nord et l'Est je dois de temps en temps régler le pilote .Il est parfois puissant ,à mon échelle ,6 beaufort ce n'est pas rien !.

Théoriquement aujourd'hui 9/11 je suis arrivé au tiers de mon voyage ,je vais arroser cela avec des poires en conserve .Toujours en théorie dans un mois je devrais être arrivé .

Le 12 l'alizé a bien soufflé et il continu .Hier soir à la radio j'ai écouté le bal de France inter à la radio ,c'était avec de la musique antillaise ! je viens de faire mes calculs ,peut-être que dans 24 jours je serais en vue de la Martinique .Demain soir je penserai peut-être à mettre une lumière[MSOffice8] à mon pataras car je couperais une ligne maritime .De même dans 4 jours ,en théorie , je serais à la moitié du trajet ,si le temps se maintient .

Mes occupations dans la journée se réduisent à prendre le petit déjeuner vers 8H30 ,heure locale ,en fait au lever du jour ,libre jusque midi et plus ,m'interrompant parfois pour une droite de hauteur .Une heure et demi avant la méridienne c'est le déjeuner .Après-midi qui se passe à lire ,écouter la radio .Radio sectaire car si RFI passe mal les radios anglaises ,espagnoles, américaines sont bien plus claires .De temps en temps j'ai ainsi des nouvelles de la « route du Rhum ».J'arriverai peut-être en même temps qu'eux .Je vais voir à me mettre à la navigation astronomique en utilisant la lune et les étoiles , j'ai le livre pour ,les nuits sont très claires et tièdes .Je fais aussi quelques mots croisés .

Le 15/11/1978 je croyais bien être arrivé aujourd'hui à la moitié du trajet ,mais non .En théorie encore 18-20 jours .Le vent faiblit ,la radio aussi .

Le 16 encore 17 jours si ça dure ,une erreur de point hier ? ma première droite de hauteur de lune n'est pas fameuse .Ce midi j'ai vu une dorade coryphène ,j'ai mis la ligne de pêche à l'eau ,on ne sait jamais ! J'ai passé la mis-parcours ,je devrais voir des bateaux ces jours ci ,car je croise la route habituelle des cargos .

Le 17/11 je voyais bien que je me dirigeais trop vers le sud mais à ce point là ! je n'ai parcouru que 40 milles dans la bonne direction .Hier soir à 20H30 ,la nuit était tombée depuis 18H30 ,j'ai vu les lumières d'un cargo s'éloignant sur tribord arrière .

Je viens de relire les lettres que j'ai reçu depuis les Açores .A la radio de façon intelligible je ne reçois plus que radio moscou et ,une fois, la BBC en français .Le temps est formidable dehors et je vais prendre une photo .

Le 18/11 Catastrophe ce matin le réveil à quartz acheté en grand magasin le quart du prix d'une « montre d'habitacle »,retardait de 2H30 heureusement et non sans mal , je capte le top horaire de la BBC .Pour la navigation astronomique les secondes sont importantes .Le réveil fonctionne de nouveau sans problème ,une lubie passagère sans doute

Le 20/11 Hier soir grosse migraine ,2 aspro le soir et disparue .Le soleil devait taper fort par le hublot .

J'ai fait moins d'un degré de longitude ,encore 13 jours aujourd'hui .Plus de nouvelles de la « route de rhum ».Hier ciel couvert ,aujourd'hui 2/5 de nuages .En cherchant des cachets je tombe sur une forte odeur , ce n'était pas le fromage que j'avais jeté plus tôt mais les œufs ,simplement posés dans des cartons alvéolés ,6 passent par dessus bord ,il m'en reste 24 .

Cet après-midi je fais des droites de hauteur bizarres , du coup je règle le sextant[MSOffice9] .Il était arrivé à 2' 40''de collimation[MSOffice10] ,je l'ai ramené à 6''.Mais l'après-midi est gris et le soleil caché .Donc vérifier ses outils de navigation de temps en temps n'est pas du temps de perdu !

Le 21/11 une fois de plus il reste 13 jours ,cette nuit j'ai du faire de la route vers le nord ou une erreur ,de plus j'ai du me contenter de faire des droites de hauteurs car pour une fois je n'ai pas eu le soleil assez longtemps à midi ,ce qui n'est arrivé que deux trois fois sur toute la croisière .Le vent est passé au sud ,ce qui ne m'arrange pas .Il est faible ,du coup je me décide à mettre ce grand foc que l'on appelle génois .J'ai failli attraper une dorade ,elle a mordillé l'hameçon puis est repartie !

J'ai vu ce soir sauf erreur 4 mouettes blanche très fines et très « racées »,ensemble ,pourtant sauf erreur je suis au milieu de l'atlantique !

Le 23/11 hier matin j'ai fait le calcul de ma position ,dont maintenant je doute ,mais j'avais bien fait car à midi le ciel est couvert et pluie pendant 2-3 heures ,brêves éclaircies et rebelote ,puis un vent debout faible ,puis fort ,faiblissant .D'après ma ligne de pêche je vois que j'ai une dérive importante

Hier soir j'ai écouté le match de foot Duisbourg Strasbourg sur RFI ,pas facile ,les alsaciens n'ont guère eu de chance .Depuis hier soir j'ai un beau ciel bien dégagé .Un grain à une heure du matin,pris deux ris ,bientôt largués ,le grain est passé .

Ce matin je refais des droites de hauteur :j'ai reculé ! j'espère que le soleil va rester dégagé afin d'avoir une méridienne valable car le doute m'envahit .

Hier midi j'ai vu flotter une boite de bière ,je dois être sur la bonne route !

Le baromètre descend un peu plus bas chaque jour pour remonter chaque nuit .

Le 24/11 11 jours encore car le 22 a été perdu pour la route mais cet après-midi aussi le vent tombe et le ciel est couvert. J'ai deux ou trois daurades autour du bateau, dont une grosse, mais elles ne veulent pas se laisser attraper. J'ai aussi deux poissons pilotes à l'étrave. La coque me paraît bien sale, surtout à la ligne de flottaison que j'ai faite trop basse ,dés que la coque est mouillée régulièrement ,pas forcément en continu ,les algues se fixent

Comme cap j'ai le choix entre l'WNW et le sud, je choisis l'WNW.Je mange ma dernière orange. Je suis dans une zone[MSOffice11] indiquée 5% de calme, c'est beaucoup et je suis dedans. Mais au sud il semble y en avoir d'avantage. J'espère que les copains de chez Dufour ont pu passer car leur avion est le 25,demain.

Je capte parfois assez bien radio la Havane et de plus en plus les radios pour l'Amérique du nord et du sud.

G :46°28W L :18°24N

Le 25/11 hier et cette nuit j'ai traversé plusieurs grains ventés et pluvieux, du sommeil en pointillé. Ce matin j'ai du vent, pas de soleil pour connaître ma position, mais il y a de la place autour !

J'ai récupéré 5-6 litres d'eau de pluie. Je suis au prés, ce qui n'est pas l'allure la plus confortable

Le 28/11 depuis deux jours j'avais l'alizé d'ESE 3-4 beaufort, tranquille, mais cette nuit cela forcit à 6,et encore maintenant, même si ça baisserait un peu. Cela m'a obligé à prendre deux ris hier et à changer le Génois, non sans mal ce matin. Je vais trop sud, aussi après la méridienne j'empannerai pour faire plus d'ouest, étant donné que je suis presque à la latitude de la Martinique (15°N et moi 16°N )

 

Un grain ce matin a fait giter plusieurs minutes le bateau ,foc bordé plat et grand voile vent arrière , jusqu'aux hublots .La mer est grosse ,c'est impréssionnant et encore on m'avait prévenu !

Le 29/11 j'ai franchi le 50 ème méridien .Cette nuit j'ai du voir les feux d'un bateau au loin .J'ai eu aussi un beau coup de gîte[MSOffice12] qui a fait valdinguer quelques objets à bord mais rien de grave

Depuis ce matin je tire un bord vers le NW ,et ceci pendant trois quatre jours , je pense .Je viens d'apprendre l'arrivée de la « route du rhum » .A 1' 16'' prés un français gagnait !

J'ai eu il y a deux trois jours des ennuis avec le poste de radio ,une soudure qui faisait mauvais contact .J'ai fait un nœud et ça fonctionne ,c'est le principal .Mon pilote automatique glisse dans son support sur le plat bord ,au niveau de l'emplacement du moteur hors bord que j'ai laissé en France , j'aurais du faire à mon idée et mettre un boulon transversalement .

Parfois la mer semble se calmer ,parfois non ,c'est génant pour la précision du point ,surtout que je me fais mouiller et le sextant aussi .

Le 1/12 Hier soir j'ai capté quelques secondes Radio France Martinique .C'est hier que je crois avoir fait ma meilleure journée ,plus de 100 milles Dans 5 jours ( ?) la Martinique serait en vue .Hier Je suis passé à 20 m d'un bidon plastique de 25 litres ,blanc .Avant hier j'ai croisé un cargo ,vers 20H .

J'écris tranquille dans le calme de la cabine ,capot fermé ,lorsque des embruns viennent tout mouiller sur la couchette babord .Vite réparé , et je ferme complétement la cabine .Je souhaite que le pilote automatique ne descende pas trop vite ,et tienne jusqu'à l'arrivée .

Le 2/12 Ce matin j'ai un temps à grains et un ciel couvert, du genre faibles grains et éclaircies .J'ai bien marché et je crois que dans quatre jours ....J'ai trouvé le courage d'éssayer de bloquer la descente du tube support du pilote automatique et ,en me faisant rincer ,j'ai cassé la mêche de ma perceuse à main là où je voulais mettre une goupille ,,ça simplifie et ça remplace !

Hier le 4/12/78 J'ai été survolé à 10 m par un avion militaire français ,à 15 H locale ,continuant sa route vers l'ENE ;

Ce matin 2 poissons volants de la taille de sardines étaient dans le cockpit .Je m'en suis servi pour attraper une daurade coryphène de 0,90 m .De la viande jusque l'arrivée !

Cela fait 2 ou 3 jours que je vois des oiseaux de mer « côtiers ».Le poisson sèche sur le banc dehors .Je veille ce soir car à partir de minuit théoriquement un phare est visible .Mais rien ,et cela « m'oblige » à me lever toutes les heures pour jeter un coup d'œil.

C'est le 6/12 vers 7-8 heures du matin que j'entrevois la cote dans les nuages .Dans la nuit une dizaine de poissons volants de la taille d'une sardine sont tombés sur le pont .Je me repose dans la cabine lorsque j'entend des bruits de moteur :deux barques de pêche locales qui pêchent à la traine à 100 m du bateau ,on se fait signe bonjour .Je leur demande si l'île en vue est La Martinique ,ils me disent d'abord la Dominique puis rectifient ,c'est bien la Martinique .Du coup je met ma ligne de traine à l'eau et rapidement une dorade se fait prendre ,mais elle est tenace et le bateau va vite ,total elle se détache lorsque je la gaffe ,après que la ligne m'ait entaillé les doigts dans un de ses sursauts ,une bonne leçon pour mes doigts .....si on enroule une ligne de pêche ou autre autour de sa main et que l'autre bout s'accroche quelque part ,on part avec ,et pour ratrapper un voilier à la nage c'est pas gagné d'avance .Une leçon qui m'a laissé des traces sur les doigts jusqu'à aujourd'hui .

J'ai du beau temps avec un seul grain dans la matinée .

Vers 8 heures du soir je passe l'îlot de La Perle ,sur la cote nord de la Martinique ,au passage j'entend les radios à terre .Je crois bien que tout le monde passe par le sud de la Martinique ,,on est moins déventé par la terre avant d'arriver à Fort de France ,mais si je m'arrète à de tels détails je risque de gagner des jours sur mes arrivées !Le vent me lâche ,j'en profite pour dormir deux heures

Le7/12 vent faible jusqu'au soir avec un grain dans la rade de Saint-Pierre .Je dors deux heures ,à mon réveil le vent est monté à 4-5 : je hisse le foc et tire des bords vers Fort de France ,dont j'atteins la rade à 6 heures du matin ,le lever du jour ,la mer est très plate,j'avance dans le silence .Je dis bonjour au passage à un pêcheur solitaire en barque .Je renvoie le génois ,et le vent revient mais le mât tient .Je tire des bords ,comme toujours et à midi ,après m'être bagarré avec un cordage tombé à l'eau ,je mouille dans la baie des Flamands ,le mouillage de Fort de France ,chef lieu de la Martinique ,non loin du fort .Le mouillage ne tient pas semble t il et il y a trop de vent pour que j'aille facilement mouiller plus à l'intérieur ,mais une américaine sur l'annexe à moteur de son yacht vient me féliciter pour ma traversée et gentiment me hale vers un meilleur endroit .

 

LA MARTINIQUE DEBUT

 

Je suis un peu fatigué aussi après avoir un peu mangé je dors une heure .Je descend à terre ,à la douane pas de problème ,mais le téléphone en pcv ce n'est que le matin et pour le courrier c'est la grêve ....Je rencontre un copain connu à Madère ,il me guide en ville .Je goûte le jus de prune et l'eau de coco et je me paye 12 heures de sommeil .Le lait de coco est obtenu en rapant et pressant la chair dure et épaisse d'un vieux coco.

Le 9/12/78 je peux enfin téléphoner ,après une heure d'attente ,pour rassurer mes parents ,ils sont surpris de me savoir déjà arrivé ,aprés 44 jours de mer quand même ! je vais faire ensuite un tour sur les deux marchés de la ville ,où j'achète des fruits et des légumes et déguste une brochette de viande épicée .Dans un snack je mange mon premier poulet frittes depuis longtemps .Dans l'après-midi je fais un voyage jusqu'à la marina de la Pointe du Bout où je ne m'installe pas car c'est payant .J'y rencontre le capitaine du Coui ,rencontré en mer après mon départ de Ténérife .A mon retour au ponton pour retrouver mon annexe[MSOffice13] et rentrer à bord je trouve celle ci sur une autre annexe ,il faut dire qu'il y en a un nombre impréssionant et un voilier de 14 mètres qui se met à quai .Je leur donne un coup de main pour sortir un moteur en panne ,ils m'offrent un verre ,et je rentre à bord .

Le 10/12 je bricole à bord :dégrippage de la perceuse à main ,nettoyage de la couchette de l'avant ,où un œuf s'était écrasé ,laissant une certaine odeur ....Le soir je vais faire un tour à terre, j'ai la surprise de retrouver l'équipage d'un yacht allemand rencontré à Madère et dont j'avais un livre à bord . Je rencontre un copain de la veille ,opération moteur suite ,sur le 14 mètres,après quoi ,on se rend sur ce bateau où on est invité à souper .Ensuite descente en ville boire un verre[MSOffice14] et j'apprend qu'il a planté des arbres à Noirmoutier ,lieu de beaucoup de mes vacances !

Le 11/12 dés 6 heures je déplace mon bateau à la godille pour le rapprocher du ponton de débarquement ,à coté de Kriter 2.

Durant cette semaine j'allais rarement faire des courses en ville ,mais le soir je sortais régulièrement boire un jus de fruit et discuter dans un bar à coté de la base de la Marine par exemple ,pour son ambiance calme opposée à l'ambiance bruyante de bars plus grand et plus fréquentés .

Un vendredi je suis allé mouiller à l'Anse Mitan ,où les bateaux n'étant pas charter étaient plus sympa .J'en profitais aussi pour plonger dans une eau plus propre pour nettoyer ma coque .Ce mouillage est situé de l'autre coté de la baie de Fort de France .Le soir j'allais voir les copains de chez Dufour .Je retournais au mouillage des Flamands pour y relever mon courrier et acheter des bricoles .J'y retrouvais deux bateaux suisses dèjà rencontrés ,dont l'un avait éssuyé un cyclone au large du Cap Vert ,le 25/11 .Moi ce jour là j'avais noté une houle de sud-est .Et me voici de nouveau à l'Anse Mitan où je passe Noël avec des copains .On se retrouve chez des gens du pays où on danse une heure chez l'un ,une heure chez l'autre voisin ,avec du rhum et des petits boudins épicés .Le lendemain je suis invité à un repas de Noël sur un bateau américain sympa qui vient de la Méditerrannée et qui a traversé la France par les canaux .

Le 26/12 Je traverse avec 3 copains ,le mouillage est délicat .Je fais connaissance d'un couple agé de hollandais .

Je reçois un coli

29 votes. Moyenne 4.28 sur 5.

Commentaires (13)

1. yann 16/11/2008

ça fait longtemps maetei ...
très beau récit

2. Simon 04/01/2009

cela faisait tres longtemps que j'avais entendu parler d'un"flirt jeanneau" dans le pacifique .Belle rencontre du hasard sur ce site .Je savoure comme du petit lait !
bravo, pile poil le genre de recit que j'adore!

3. guillaume 25/08/2009

merci de partager cette aventure,belle illustration de l'inutilité des milles gadget vital aujourd'hui.Chapeau bas

4. jeremy 12/01/2010

magnifique recit, j'ai adoré te lire, peut etre un jour tu mettra la suite

5. pardal marques 20/02/2010

tres beau recit ça me donne vraiment envie de partir ,mon mari hesite a peur et pourtant il en connais un rayon sur tout ce qui concerne la voile alors que moi nada suis vraiment une novice
suis sur le forum (lisboeta )

6. BENETEAU Guy 10/07/2010

bonjour,

tombé tout à fait par hasard sur ton site.

je suis le gars de la capitainerie de l'Herbaudière dont tu parles, qui t'as remorqué avec la pilotine le jour de ton départ.
J'ai eu ensuite quelques nouvelles de ton voyage par Hugues Riousse qui travaillait au "Grand Foc" avec qui tu étais resté en rapport.
J'ai su que le Flirt était arrivé aux Marquises, mais ensuite plus de nouvelles... j'avais cru que tu enseignais aux Marquises..
Très content d'avoir lu ton périple..

Ca ne nous rajeunit pas

Amicalement,

Guy

7. TIXIER 29/08/2010

bonjour,


Je viens de lire par hazard votre récit.

J'ai eu l' occasion de réaliser 3 transats, dans des conditions trés différentes, l' une de l'autre.

Je trouve que votre expérience, telle que vous la racontez,mériterait d' être publiée si ce n'est pas encore fait.
En effet, à mon avis, elle vaudrait mieux sinon plus que beaucoup de prose trouvée sur pas mal de livres de mer .

Je suis certain qu' en étant davantage connue, elle permettrait à beaucoup de faire connaissance avec le monde la mer et de la navigation hauturière, en levant beaucoup de tabous.

En résumé, petit bateau et grandes navigations sans plus de risques qu'avec un grand voilier.

chapeau bas, même si celà vous est adressé bien tardivement.

Dominique

8. Richard 25/09/2010

Merci pour ce recit, il me redonne envie de partir, c'est vrai j'ai un peu la trouille de partir avec ma petite famille, si j'etais seul ce serait different.
Je me prend la tête pour pas grand chose. Tu l'a fait avec un 6m je devrait le faire avec mon 12m sans problèmes.
Mais bon la fibre paternelle est là qui gâche un peu la fête. Pendant ce temps mon fils grandit et moi je prend des bornes; 60 dans un mois, dur!!

9. paco 01/03/2011




Merci et bravo !!!! Ca fait du bien, tu me fais du bien, je vais me casser avec mon first 25 direction au moins l espagne le portugal, ça suffit de se poser la question il faut y aller; merci la vie passe trop vite !!

Si t'as des photos c'est avec plaisir !!

10. stephane gouzien 14/09/2011

magnifique réçit, magnifique navigation!
la simplicité et la puretée dans toute sa splendeur !
quelle leçon pour les navigateurs d'aujourd'huis bardés d'équipements sur de gros bateaux...

11. yann 27/04/2012

Bravo !!

Beau récit, si bien détaillé qu'on en ressent même les périodes de joies et de doutes. Je stressais même pour toi à certains passages...

Maintenant tout est un peu plus simple avec la technologie et on oublie vite que les bonnes vieilles méthodes à l'ancienne sont très efficaces!!

12. Hugues Lemoîne (site web) 14/05/2012

Quel plaisir de lire la prose sereine et sans fioritures d'un homme qui aime la mer au point de l'avoir traversée avec un si petit bateau. Quelques lignes sur la préparation du bateau me manquent, des photos aussi mais c'est peut-être ce manque qui rend la restitution de cette expérience si prenante et si riche de l'enseignement principal de ce récit que l'on pourrait peut-être résumer par "va tout droit vivre ton rêve au lieu de rêver ta vie".

13. Gaston 27/03/2015

Salut
J'ai un Flirt Q depuis 3ans du coté de Gruissan, et ton recit est impressionnant.
Je n'imagine même pas envisager un telle traversée.
.
Evidemment pleins de questions :
-Pourquoi ne pas avoir emené le moteur avec un poil de carburant juste pour la secu? La godille suffit elle ?
-Une photo ou un dessin du pilote ce serait genial.
Dans tous les cas Bravo ! Super recit ! Bien ecrit
Cordialement

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